MISSION B : Sur les routes

La MISSION B est, avec la formation et les dispositifs de secours, la troisième action dans le quotidien des secouristes. Un déclenchement pour une mission B consiste à apporter un soutien et renfort humain, matériel et logistique lors d’un événement sortant de l’ordinaire. Les situations sont variées mais la réponse est toujours rapide et efficace.

Deuxième partie de notre retour sur image de ces derniers mois : une mission B qui dura plusieurs semaines et une mobilisation record.

SINISTRES DE LA ROUTE : MOBILISATION RECORD DE NOS BÉNÉVOLES

Ce type de Mission B est en général déclenché sur des événements le plus souvent prévisibles. La préfecture demande alors aux associations de sécurité civile de faire un recensement de la disponibilité de leurs bénévoles si la situation nécessitait leur intervention.

Sur 15 jours de recensement demandé (dont la semaine du 18 au 25 novembre qui a demandé une mobilisation quotidienne) c’est plus de 400 périodes de 8 à 10h de mobilisation qui ont été recensé en Gironde. Nos bénévoles restés en astreinte pendant ces périodes s’engageaient à partir de jour comme de nuit si la situation le nécessitait.

Nous allons évoquer 2 événements  mettant en avant l’engagement dont nos équipes ont fait preuve.

Le premier déclenchement

C’est à 20h le lundi 19 novembre que nos équipes sont alertées d’un possible déclenchement suite à de gros bouchons sur l’A63. Plusieurs véhicules et poids lourds sont à l’arrêt à hauteur de Cestas.

A 21h50, 13 bénévoles de 5 antennes et de l’ADPC sont déclenchés sur deux départs. Ils doivent aider à l’évacuation d’un bus accueillant 30 personnes âgés de 70 à 90 ans. Bloqués depuis 19h, les pompiers avaient déjà été déclenchés sur les lieux suite au malaise d’un des passagers.

Arrivé sur place, nos équipes distribuent de l’eau et des repas. L’évacuation des personnes s’organise. Aidés des pompiers et des policiers, nos secouristes accompagnent les 30 personnes dans les véhicules de la Protection Civile. Ils sont ensuite conduits vers deux points de chute où ils pourront passer la nuit.

A 3h du matin chacun sera de retour chez soi, et le lendemain la journée de mobilisation recommencera à 8h30 pour nos équipes.

Une mission pas comme les autres

Le mardi 20, le déclenchement par la préfecture se fera dès le matin suite à des blocages sur l’A10. 20 minutes après la demande c’est 3 équipiers qui sont sur le départ pour une reconnaissance. Ils y retrouveront près de 800 véhicules bloqués, certains depuis 4h du matin.

Après plusieurs appuis logistique, de nombreux kilomètres parcourus,  des échanges multiples et variés avec les personnes bloquées sur place et même une prise en charge en ambulance, c’est vers 17h, que la mission est désactivée : tous les véhicules présents ayant reçu de quoi tenir en eau et nourriture.

Mais il était dit de cette journée qu’elle ne s’arrêterait pas de suite. La préfecture déclenche une autre pré-alerte. Dans la journée c’est 30 bénévoles qui s’étaient portés volontaires. A partir de 19h, c’est 42 bénévoles qui proposeront leur service.

A 20h, deux ambulances et deux véhicules logistique venus de Libourne et Bordeaux, composent la colonne. 11 bénévoles sont à présent engagés jusqu’à 2h du matin. La suite, c’est l’une d’eux qui va vous la raconter : Florence, équipière-secouriste de l’antenne de Libourne.

L’aventure

« Prévenue vers 20h, me voilà partie pour une nouvelle mission B que j’espère riche en émotions et partages. Arrivés sur l’autoroute A10, nous nous insérons au milieu des véhicules à l’arrêt. Nous rejoignons d’autres véhicules de secours déjà présents. La progression est difficile. Les voies encombrées. La bande d’arrêt d’urgence bouchée, tout comme la voie de délestage. »

En effet, la situation se dégrade en début de soirée. Certains véhicules seront bientôt bloqués depuis près de 20h sur l’autoroute. Chacun essaye de faire son possible pour se frayer un chemin.

« La radio nous informe qu’une famille a besoin de nous. Nous nous faufilons donc à 4, à pieds entre les véhicules à l’arrêt, sacs de secours sur le dos. Après un parcours interminable qui malgré le froid, nous maintient inexorablement au chaud, nous devons faire demi-tour. Certaines informations se contredisent, et il nous ait demandé de regagner les véhicules. La frustration est palpable : nous nous sentons impuissants, démunis… nous n’avons aucun moyen d’intervenir auprès des personnes nous sollicitant. »

Pendant qu’ils essayent de remplir leur mission, la situation se dégrade encore sur la route. Alors que jusqu’à présent la circulation avaient été très difficile malgré les gyrophares et les deux tons, nos véhicules se retrouvent totalement à l’arrêt, bloqués également. Il est 23h.

« Nous sympathisons avec certains naufragés. Le froid saisit chacun d’entre nous. Les véhicules se ferment et se réchauffent tant bien que mal en faisant tourner leur moteur de temps en temps. Et nous, nous sommes impuissants. Les heures s’égrainent, lentes et glaciales. Nous nous retrouvons naufragés parmi les autres… »

Nos secouristes s’installent alors dans leurs véhicules et commence une longue attente.

Jusqu’au bout de la nuit

« Il est près de 7h. Le jour ne tarde pas à se lever. Nous sortons de nos véhicules, nous nous munissons de chaises roulantes que nous chargeons d’eau et de nourriture et nous partons à la rencontre de toutes ces personnes bloquées comme nous dans leurs véhicules, leur apportant un peu de réconfort, des mots rassurants et des informations qui finissent par nous parvenir : vers 8h, la route se débloque en aval »

Des familles, enfants, personnes âgés ou encore personnes seules composent les véhicules. L’atmosphère reste douce malgré les conditions difficiles.

« Les quelques informations suffisent à redonner espoir à tous ces gens. Ici, un jeune couple avec son bébé. Là une dame avec sa maman de 88 ans. ici encore, ce vieux monsieur qui avait décidé de quitter son véhicule et de partir à pied car sa femme était seule à la maison. Finalement, il reviendra à sa voiture après avoir aperçu les véhicules commencer à bouger au loin.

Puis ce couple d’Anglais de près de 60 ans, frigorifiés, que nous avons conduits à l’ambulance où la femme, en hypothermie, a pu se réchauffer ; elle était très inquiète et pensait qu’il y avait un très grave accident pour bloquer la route de la sorte, car elle avait entendu nos sirènes la veille. Quand nous les avons raccompagnés à leur véhicule, elle nous a serrés fort dans ses bras, s’inquiétant de nos joues glacées alors qu’elle venait de passer deux heures au chaud. »

Vers 10h, nos équipes ont pu remonter dans leurs véhicules et revenir à leur domicile. 8h après la fin de mission programmée.

« Retour à la maison à 12h30, fatiguée, mais avec ce doux sentiment d’avoir apporté un peu de chaleur à ces naufragés de l’A10. »

Ce qu’il nous faudra retenir

Des trois mois qui viennent de s’écouler et des nombreuses missions B qui se sont enchaînées, nous pouvons retenir la mobilisation exemplaire de nos bénévoles. Le travail, l’efficacité et l’adaptation dont ils ont fait preuve dans des situations parfois très difficiles montrent leur attachement à l’association et aux valeurs qu’elle défend.

Nous remercions tous ceux qui ont pris part aux missions comme tous ceux qui se sont mobilisés et mis en astreinte pendant ces longues périodes.

Enfin, nous mettons aussi en exergue un petit dicton qui prend tout son sens dans le secourisme et particulièrement dans les missions d’urgence. « On sait toujours quand la mission commence, jamais quand elle fini ».

 

A très vite 🙂

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